The New York Times : Le spectre du Printemps arabe continue de hanter le Maroc

Le mouvement social de la région du Rif aurait mis fin au statu prévalant depuis le Printemps arabe au Maroc. Photo : Guillaume Pinon/NurPhot.

Le mouvement social de la région du Rif aurait mis fin au statu prévalant depuis le Printemps arabe au Maroc.

Deux mois après y avoir déjà consacré son éditorial d’ouverture, le quotidien américain « The New York Times » a de nouveau couvert, dans son édition du dimanche 27 août, le mouvement social de la région du Rif. Et pour le moins, on ne peut pas dire que les autorités marocaines y soient à leur avantage.

Rappelant l’arrestation depuis mai de plusieurs activistes dudit mouvement -il estime leur nombre à 200-, le journal parle, en citant l’organisation internationale de défense des droits humains « Human Rights Watch », de « sérieuse déterioration du climat des droits humains au Maroc. »

« Des cas épisodiques de violence policière et une répression des manifestations pacifiques ont été documentés dans le passé récent, mais pas à si grande échelle depuis de nombreuses années. »

La correspondante local de « The New York Times », Aida Alami, s’est notamment rendu dans la ville d’Al Hoceima, où le mouvement est le plus fort, pour entre autres rencontrer plusieurs activistes, à l’instar de la chanteuse Salima « Silya » Ziani, libérée le 29 juillet à l’occasion de l’anniversaire de l’accession au trône de Mohammed VI après avoir purgé plus d’un mois en prison. Et à l’en croire, « la capitale culturelle du Rif », comme elle la décrit, serait pratiquement en état de siège.

Actuellement, les barrages de police entourent la ville et les manifestations sont interdites. Les camions de police et les officiers en uniforme ont pris la place des carrousels, des concerts et des divertissements de rue qui remplissent généralement les villes marocaines pendant les mois d’été.

Le journal revient également sur l’histoire du Rif avec le pouvoir central et dont l’opposition aurait d’après lui culminé après l’indépendance du Maroc en 1956 à l’occasion de soulèvements.

À son arrivée au pouvoir en 1999, Mohammed VI serait arrivé avec la volonté de se réconcilier avec la région en appuyant notamment différents projets de développement économique. Celle-ci demeurerait toutefois marginalisée.

D’après « The New York Times », le mouvement du Rif aurait mis fin au statu quo régnant au Maroc depuis le Printemps arabe, duquel le pays aurait relativement échappé en adoptant notamment une nouvelle Constitution. Et l’arrestation des activistes ne serait pas pour lui pour permettre d’y revenir.

Beaucoup croient que le haut niveau de répression ne fera qu’amplifier les troubles.

 

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